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Destruction chenilles processionnaires pin : risques, réglementation et solutions pour votre jardin

Destruction chenilles processionnaires pin : risques, réglementation et solutions pour votre jardin

Destruction chenilles processionnaires pin : risques, réglementation et solutions pour votre jardin

Chaque hiver à Marseille et dans les communes autour, je vois la même chose : des pins couverts de cocons blancs, des propriétaires inquiets, des chiens qui ont déjà fait un aller-retour chez le vétérinaire. Les chenilles processionnaires du pin ne sont pas un “petit problème de jardin”, c’est un vrai sujet de sécurité pour les habitants, les enfants et les animaux.

Dans cet article, je vous explique très concrètement comment je gère ces infestations chez mes clients : risques réels, ce que dit la réglementation, méthodes efficaces… et ce qu’il vaut mieux oublier tout de suite.

Reconnaître les chenilles processionnaires du pin

Avant de parler destruction, il faut être sûr de ce qu’on a devant les yeux.

Sur le terrain, je repère presque toujours les chenilles processionnaires grâce à trois signes :

  • Des “nids” blancs en boule au bout des branches, surtout en haut des pins
  • Des files indiennes de chenilles rousses ou brunes qui se déplacent au sol au printemps
  • Des défoliations partielles sur le pin (aiguilles mangées), surtout en fin d’hiver
  • Quelques repères simples :

  • Les nids apparaissent en général entre décembre et mars
  • Les processions au sol sont surtout visibles de février à avril, selon la météo
  • On les trouve surtout sur les pins (pin d’Alep, pin noir, pin parasol…), parfois sur les cèdres
  • Si vous voyez des nids blancs en été, ce n’est souvent pas la processionnaire du pin mais un autre type de chenille ou d’insecte. Dans le doute, faites des photos et montrez-les à un professionnel avant d’intervenir.

    Pourquoi les chenilles processionnaires sont dangereuses

    Les risques sont souvent sous-estimés, surtout tant qu’il n’y a pas eu d’accident dans le voisinage. Sur mes interventions, je rencontre trois types de problèmes : sur l’homme, sur les animaux, sur les arbres.

    Pour les humains

    Les chenilles processionnaires du pin portent sur leur corps des milliers de poils urticants. Ces poils se détachent et se dispersent dans l’air ou sur le sol. Le contact (direct ou indirect) peut provoquer :

  • Démangeaisons intenses, plaques rouges, urticaire
  • Conjonctivites, yeux rouges et douloureux
  • Irritations des voies respiratoires (toux, gêne respiratoire)
  • Réactions allergiques plus graves chez les personnes sensibles
  • Sur une intervention dans un jardin à Aubagne, une cliente avait simplement secoué une branche pour mieux voir un nid… Résultat : un passage aux urgences pour une réaction cutanée et respiratoire. Elle n’avait même pas touché les chenilles directement, uniquement les poils en suspension.

    Pour les chiens et les chats

    C’est là que je vois les cas les plus graves. Les chiens, surtout, vont renifler ou lécher les chenilles au sol. Les poils urticants brûlent les tissus :

  • Nécrose de la langue (partie de la langue qui meurt et tombe)
  • Ulcérations dans la gueule
  • Hypersalivation, vomissements, douleurs intenses
  • Risque vital si la prise en charge vétérinaire est tardive
  • Je me souviens d’un jardin à Septèmes avec plusieurs pins parasols. Le chien de la famille, un labrador, a simplement marché dans une procession et s’est léché les pattes ensuite. Ils ont réagi vite, vétérinaire en urgence. Il a gardé des séquelles mais il s’en est sorti. Sans intervention rapide, l’issue peut être fatale.

    Pour les pins

    La chenille processionnaire mange les aiguilles. Un arbre sain peut supporter une défoliation modérée, mais sur plusieurs années de suite :

  • Le pin s’affaiblit
  • Il devient plus sensible aux maladies et à la sécheresse
  • Le port de l’arbre se dégrade
  • En zone urbaine ou dans les jardins, le problème principal reste quand même le risque pour les occupants plus que la mort des arbres. Mais les deux sont liés : un pin infesté chaque année est souvent un pin qui dépérit à moyen terme.

    Ce que dit la réglementation sur les chenilles processionnaires

    Contrairement à ce que beaucoup pensent, il ne s’agit pas juste d’un “problème privé de jardin”. La processionnaire du pin est aujourd’hui classée espèce nuisible à la santé publique dans de nombreux départements.

    Obligations générales

    Selon les arrêtés préfectoraux et les recommandations nationales :

  • Les propriétaires ont la responsabilité de ne pas laisser un danger sanitaire se développer sur leur terrain
  • Les communes doivent surveiller et traiter les espaces publics à risque (écoles, parcs, aires de jeux)
  • Les produits chimiques utilisables par les particuliers sont de plus en plus restreints
  • Autrement dit : vous êtes responsable de ce qui se passe sur vos pins, surtout si votre jardin est proche d’une école, d’un parc ou d’un chemin très fréquenté.

    Produits et traitements

    La réglementation encadre fortement :

  • Les biocides et insecticides utilisables sur les chenilles
  • Les conditions d’application (période, météo, proximité des habitations)
  • Le matériel (certains traitements nécessitent des équipements spécifiques et une certification professionnelle)
  • Par exemple, les traitements par pulvérisation en hauteur ou avec certains produits sont réservés aux applicateurs certifiés. Un particulier qui traiterait n’importe comment, surtout en hauteur, prend des risques juridiques en plus des risques physiques.

    Élagage et travail en hauteur

    C’est un point que je rappelle souvent : monter dans un pin pour découper un nid, sans équipement adapté, cumule plusieurs dangers :

  • Risque de chute
  • Contact massif avec les poils urticants
  • Dispersion des poils dans tout le jardin
  • Les travaux en hauteur sont encadrés par des règles de sécurité strictes. Quand on intervient en pro, on arrive avec EPI, harnais, tronçonneuse adaptée, et surtout une méthode pour limiter la dispersion des poils.

    Les fausses bonnes idées à éviter absolument

    Internet est plein de “solutions miracles” pour les chenilles. Sur le terrain, je vois surtout les dégâts après coup. Quelques exemples de ce qu’il vaut mieux laisser tomber.

    Brûler les nids dans l’arbre

    Je l’ai vu plus d’une fois : un propriétaire qui enflamme un nid avec un chalumeau ou un brûleur. Mauvaise idée :

  • Risque d’incendie, surtout dans les jardins secs ou proches de pins résineux
  • Les poils urticants sont projetés dans l’air avec la chaleur
  • Vous respirez tout ce qu’il ne faut pas respirer
  • Un client à Plan-de-Cuques a failli mettre le feu à sa toiture en voulant brûler un nid accroché à une branche au-dessus de la maison. Les pompiers ont fini l’intervention…

    Le karcher ou le jet d’eau puissant

    Autre classique : tenter de déloger le nid au jet haute pression. Là encore, le problème est simple :

  • Vous éclatez le nid
  • Les poils se dispersent partout (terrasse, façade, sol, mobilier de jardin)
  • Les chenilles tombent, parfois encore en vie, et se déplacent ensuite
  • Résultat : vous avez étalé le problème au lieu de l’éliminer.

    Le “coup de balai” ou le secouage de branches

    C’est la même logique. Tout ce qui fait exploser ou secouer le nid sans le contenir = mauvais. Vous ne voyez pas les poils, mais ils sont bien là, dans l’air et sur les surfaces.

    Les recettes maison (vinaigre, eau savonneuse, etc.)

    Sur des chenilles aussi urticantes et en aussi grande quantité, les solutions “douces” appliquées sans méthode donnent surtout :

  • Une perte de temps
  • Une fausse impression de sécurité
  • Une dispersion inutile des allergènes
  • On ne traite pas une processionnaire du pin comme un puceron sur un rosier. Les enjeux ne sont pas du tout les mêmes.

    Les méthodes efficaces pour votre jardin

    Voyons maintenant ce qui fonctionne vraiment, en pratique, dans un jardin de particulier. L’idée clé : combiner prévention et intervention ciblée, au bon moment.

    On peut agir à trois niveaux :

  • Sur les papillons (stade adulte)
  • Sur les chenilles dans l’arbre
  • Sur les processions au sol
  • Limiter les futures infestations : agir en prévention

    La prévention se joue surtout de juin à septembre, quand les papillons volent et pondent.

    Les pièges à phéromones

    Ces pièges attirent les mâles grâce à une phéromone sexuelle et les capturent. Résultat : moins de fécondation, donc moins de pontes.

    Points importants tirés de mes installations chez les clients :

  • À poser en début d’été, avant le pic de vol
  • Hauteur recommandée : 1,50 à 2 mètres minimum, à proximité des pins
  • Les phéromones doivent être changées selon les préconisations du fabricant (souvent toutes les 4 à 6 semaines)
  • C’est une méthode de réduction de population, pas une solution miracle. Sur un jardin isolé avec quelques pins, l’efficacité est intéressante. En zone très infestée, ça reste un maillon de la chaîne.

    Tailler et surveiller régulièrement

    Une taille raisonnable des branches basses permet :

  • D’éloigner les nids des zones de passage
  • De mieux voir les cocons en hiver
  • De faciliter une intervention ciblée
  • Je conseille souvent à mes clients de faire un “tour des pins” une fois par mois en période à risque (automne-hiver) pour repérer tôt l’apparition des nids.

    Agir sur les chenilles dans l’arbre

    Là, on est sur la partie la plus technique. Il y a plusieurs approches, à adapter selon la hauteur de l’arbre, le niveau d’infestation et l’environnement.

    Traitements biologiques (Bacillus thuringiensis kurstaki – BTK)

    Le BTK est une bactérie utilisée comme bio-insecticide. Elle agit quand les chenilles ingèrent le produit en mangeant les aiguilles.

    En pratique :

  • Application en pulvérisation fine sur le feuillage
  • Intervention au bon stade : quand les chenilles sont jeunes et encore en train de se nourrir (souvent à l’automne)
  • Conditions météo à respecter (pas de pluie immédiate, pas de vent fort)
  • Sur un grand pin parasol à Marseille, visible depuis la rue et au-dessus d’un jardin d’enfants, nous avons fait deux passages BTK à l’automne. Résultat : aucune apparition de nid l’hiver suivant, alors que l’année d’avant l’arbre en était couvert. La clé était vraiment le bon timing.

    Attention : certains produits à base de BTK vendus au grand public ont des concentrations et des indications spécifiques. Lisez les étiquettes et respectez scrupuleusement les doses et précautions.

    Échenillage (retrait manuel des nids)

    Quand les nids sont accessibles, on peut les retirer physiquement. C’est une méthode que j’utilise beaucoup, mais avec des précautions :

  • Intervention en fin d’hiver, par temps calme
  • Port d’équipements de protection : combinaison, masque adapté, lunettes, gants
  • Détachement des nids dans des sacs fermés pour éviter la dispersion
  • Élimination contrôlée des sacs (incinération en filière adaptée ou selon les consignes locales)
  • Sur un petit jardin à Allauch, avec deux pins de taille moyenne, l’échenillage bien fait a suffi à sécuriser le terrain, combiné à un piégeage des processions. L’avantage : pas de produit dans le jardin, mais ça reste un travail à ne pas improviser du jour au lendemain.

    Gérer les processions au sol en sécurité

    Quand vous voyez une file de chenilles au sol, le réflexe “écraser avec le pied” est compréhensible, mais ce n’est pas sans risque. Même mortes, les chenilles gardent leurs poils urticants.

    Les colliers pièges autour du tronc

    Les éco-pièges à chenilles processionnaires se posent autour du tronc du pin. Le principe :

  • Les chenilles descendent du pin pour aller s’enterrer
  • Elles tournent autour du tronc et tombent dans un sac collecteur rempli de terre ou de matière sèche
  • On récupère ensuite les sacs pour destruction sécurisée
  • Points de vigilance sur le terrain :

  • Bien ajuster le collier à la circonférence du tronc (pas de jour, sinon ça passe dessous)
  • Installer le dispositif avant le début des descentes (souvent fin d’hiver)
  • Contrôler régulièrement le remplissage
  • Sur un ensemble de pins dans une copropriété à Marseille, la pose de colliers sur tous les arbres a permis de limiter très fortement le nombre de processions visibles au sol l’année suivante. Là encore, ce n’est pas instantané, mais c’est très efficace sur le moyen terme.

    Gestion d’une procession “surprise”

    Si vous découvrez une procession en plein milieu du jardin :

  • Tenez les enfants et les animaux à distance immédiate
  • Évitez tout contact direct, même avec des gants de jardinage classiques
  • Si vous devez intervenir vous-même : portez au minimum masque, lunettes, gants longs, manches longues
  • Vous pouvez utiliser une pelle ou une balayette + pelle réservées à cet usage pour ramasser délicatement les chenilles et les placer dans un sac fermé
  • Ensuite, contactez un professionnel ou votre mairie pour savoir comment éliminer ces déchets en sécurité. Ne jetez pas simplement le sac dans la poubelle sans précautions, les poils restent actifs longtemps.

    Sécuriser durablement votre jardin

    L’objectif n’est pas d’avoir “zéro chenille” à tout prix, mais de réduire au maximum le risque pour les occupants et le voisinage. Sur les jardins que je suis depuis plusieurs années, on met en place un plan simple :

  • Repérage systématique des nids chaque hiver
  • Traitement biologique ou échenillage selon la situation
  • Pose de pièges à phéromones en été sur les zones les plus sensibles
  • Colliers pièges sur les pins proches des zones de jeux, piscines, terrasses
  • Ce qui change tout, c’est la régularité. Une seule action isolée ne règle pas un problème bien installé. Un suivi sur 2 à 3 ans, oui.

    Quand faire appel à un professionnel ?

    Pour être clair : vous pouvez gérer une partie du problème vous-même, en particulier la surveillance, la prévention simple et certains pièges. En revanche, je conseille systématiquement l’intervention d’un pro dans les cas suivants :

  • Nids en hauteur, difficiles ou dangereux d’accès
  • Présence d’enfants en bas âge, d’animaux très exposés, d’une structure accueillant du public (gîte, école, crèche)
  • Infestation massive sur plusieurs pins ou sur plusieurs années
  • Allergies connues dans la famille
  • Un professionnel formé va :

  • Identifier précisément le niveau d’infestation
  • Choisir les méthodes adaptées à votre terrain (biologique, mécanique, piégeage)
  • Intervenir avec des protections et un protocole limitant au maximum la dispersion des poils
  • Vous proposer un plan de suivi, plutôt qu’une action “coup de poing” inefficace
  • Les chenilles processionnaires du pin font maintenant partie du paysage en Provence. On ne les fera pas disparaître, mais on peut vraiment réduire le danger autour des maisons, des écoles et des jardins, à condition d’agir tôt, avec les bons outils, et en respectant ce que la réglementation autorise.

    Si vous avez un doute sur ce qui se passe dans vos pins, ne restez pas dans l’incertitude : quelques photos, un repérage précis des périodes de l’année, et un avis professionnel font souvent gagner plusieurs saisons d’essais ratés… et évitent beaucoup de mauvaises surprises pour vous, vos enfants et vos animaux.

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