Quand on parle de dératisation, on pense souvent à Marseille, Paris, Lyon… Mais Toulon n’est pas épargnée, loin de là. Port, vieux bâti, restanques, nombreuses copropriétés mal entretenues : tout ce qu’il faut pour que rats et souris s’installent confortablement.
Avant de poser un seul appât dans une cave ou une cour intérieure à Toulon, il y a deux choses à maîtriser :
- les techniques modernes réellement efficaces sur le terrain,
- les réglementations locales et nationales qui encadrent l’usage des rodenticides.
On va voir ensemble ce qui fonctionne, ce qui est interdit, et comment se passe, en pratique, une dératisation sérieuse à Toulon, que ce soit en maison individuelle, en restaurant ou en copropriété.
Les rats à Toulon : à quoi a-t-on affaire exactement ?
Sur Toulon et son agglomération, je rencontre principalement trois types de rongeurs :
- Le rat brun (surmulot) : très présent près des égouts, containers, cours intérieures, garages. Il creuse des terriers.
- Le rat noir : plutôt en hauteur, dans les toitures, faux plafonds, greniers. On le retrouve dans les vieilles maisons, les bâtiments portuaires, certaines copropriétés anciennes.
- La souris domestique : partout où elle trouve de la chaleur et de la nourriture : appartements, locaux pros, bureaux.
Pourquoi c’est important de les distinguer ? Parce que :
- Ils ne se déplacent pas pareil (sol / hauteur).
- Ils ne font pas les mêmes dégâts.
- On ne pose pas les dispositifs au même endroit ni de la même façon.
À Toulon, le mélange surmulots issus des réseaux d’égouts + bâtiments anciens mal isolés est un grand classique. Si on se contente de « mettre du poison » sans réfléchir au type de rat ni à son trajet, on perd du temps, de l’argent… et on augmente le risque pour les occupants, les animaux domestiques et la faune non-cible.
Ce que dit la réglementation pour la dératisation à Toulon
Intervenir à Toulon, ce n’est pas juste acheter un rodenticide en magasin de bricolage et le disperser partout. Plusieurs textes s’appliquent :
- Code de la santé publique : obligation générale de lutter contre les rongeurs pour éviter les risques sanitaires.
- Règlement sanitaire départemental du Var (RSD) : prévoit que les propriétaires, occupants, syndics de copro doivent maintenir leurs locaux en état de propreté et mettre en œuvre les mesures nécessaires contre les rongeurs.
- Réglementation biocides : les produits rodenticides sont des biocides, soumis à des autorisations strictes. Certains ne peuvent être utilisés que par des professionnels certifiés (Certibiocide).
- ERP, restaurants, commerces alimentaires : obligation d’un plan de maîtrise sanitaire, avec traçabilité des actions de dératisation (relevés, fiches d’intervention, plan des postes d’appât).
Concrètement, ça veut dire que :
- En tant que particulier, vous pouvez utiliser certains produits grand public, avec des doses limitées et en respectant scrupuleusement l’étiquette.
- Pour une infestation importante, un local professionnel, une copropriété ou un établissement recevant du public, l’intervention d’un professionnel certifié est fortement recommandée (et souvent quasi indispensable pour être en règle).
- Il est interdit de laisser traîner des appâts en vrac, accessibles aux animaux, aux enfants, ou susceptibles de se retrouver dans la nature (faune sauvage).
Les mairies (dont Toulon) peuvent aussi prendre des arrêtés ponctuels en cas de prolifération de rats dans certains secteurs, par exemple en lien avec des travaux, des marchés, ou des problèmes de collecte des déchets. En cas d’infestation majeure dans le voisinage, signaler la situation à la mairie peut déclencher des actions coordonnées sur la voirie ou les réseaux.
Inspection et diagnostic : la base avant toute pose d’appât
Sur mes interventions, que ce soit à Marseille ou à Toulon, je commence toujours par la même chose : observer et comprendre. Sans ça, tout le reste est du bricolage.
Sur le terrain, l’inspection comprend généralement :
- Repérage des traces : crottes, frottements gras le long des murs, odeurs d’urine, matériaux grignotés.
- Localisation des voies d’accès : jours sous les portes, trous dans les murs, passages de gaines, bouches d’égouts, regards techniques.
- Identification des sources de nourriture : poubelles débordantes, sacs de croquettes ouverts, stock alimentaires mal rangés, déchets en extérieur.
- Évaluation du niveau d’infestation : simple passage occasionnel ou colonie bien installée.
Dans certains cas complexes, on va plus loin avec des outils modernes :
- Caméras endoscopiques pour explorer les cloisons, faux plafonds, gaines techniques.
- Caméras de surveillance avec détection de mouvement pour visualiser le passage des rats la nuit dans une cour ou un local.
- Traqueur de consommation d’appâts (sur certains systèmes « connectés » pour sites industriels ou gros ERP).
Cette phase de diagnostic permet de décider :
- où placer les postes,
- quels types de dispositifs utiliser (pièges / appâts / combinaisons),
- quels points doivent être condamnés ou colmatés.
Les techniques modernes de dératisation utilisées à Toulon
On peut regrouper les méthodes efficaces en trois grandes familles : sanitation, piégeage, traitements chimiques raisonnées. Dans la réalité, les trois sont souvent combinées.
1) Sanitation et exclusion (ce que personne ne veut faire… mais qui change tout)
- Mise en conformité des poubelles (couvercles fermés, local poubelles nettoyé, containers en bon état).
- Suppression des sources alimentaires accessibles (sacs éventrés, gamelles d’animaux laissées dehors, graines pour oiseaux en libre-service).
- Colmatage des ouvertures : grilles métalliques sur les aérations, seuils de porte adaptés, rebouchage des trous et fissures par matériaux résistants (mortier, grillage métallique, etc.).
Ce n’est pas spectaculaire, mais à Toulon comme ailleurs, un immeuble peut passer de “infesté chronique” à “gérable” juste en corrigeant ces points.
2) Pièges mécaniques modernes
On n’est plus sur le simple piège à ressort posé derrière le frigo. En professionnel, j’utilise :
- Pièges à déclenchement rapide, installés dans des boîtes de protection verrouillables, pour éviter tout contact avec les occupants, enfants et animaux.
- Stations de capture multiples pour les lieux très fréquentés (parkings sous-sol, locaux techniques).
- Parfois des systèmes électroniques pour sites sensibles, mais ce n’est pas la majorité des cas sur clientèle « classique ».
Avantages :
- Aucun produit toxique dans le piège.
- Très adapté aux environnements alimentaires, écoles, crèches, etc.
- Permet de vérifier visuellement la baisse de la population.
3) Traitements chimiques (rodenticides) mais en usage raisonné
Les anticoagulants de seconde génération (type bromadiolone, difénacoum, etc.) sont efficaces, mais leur usage est strictement encadré et ils ont un impact sur la faune si mal utilisés.
En pro, on applique aujourd’hui une approche dite IPM (Integrated Pest Management) :
- Pas de traitement systématique « à l’année » sur des doses élevées.
- Utilisation en bloc ou pâte dans des boîtes sécurisées, jamais en vrac.
- Adaptation des dosages au niveau d’infestation réel.
- Rotation des matières actives pour éviter les phénomènes de résistance.
- Retrait des appâts non consommés en fin de traitement.
Dans certaines zones de Toulon, notamment proches de zones naturelles ou portuaires, on fait particulièrement attention à l’emplacement des postes pour limiter les risques pour les oiseaux, chats errants, hérissons, etc.
Ce qui est interdit ou fortement déconseillé
Sur internet, on trouve encore de tout. Sur le terrain, je vois passer régulièrement des “solutions” qui posent problème légalement ou en termes de sécurité.
- Appâts empoisonnés en vrac posés derrière une poubelle ou dans une cour, sans boîte de sécurité : dangereux, non conforme et source de contamination de la faune sauvage.
- Colles à rats utilisées n’importe comment : en France, l’usage de plaques engluées pour les mammifères est de plus en plus encadré, et dans de nombreux cas, ce n’est tout simplement plus acceptable au regard du bien-être animal et des textes applicables. À proscrire pour les particuliers.
- Mélanges maison (eau de Javel + nourriture, verre pilé, etc.) : inefficaces, dangereux, parfois illégaux.
- Appareils à ultrasons présentés comme “solution miracle” : au mieux, un léger inconfort temporaire pour les rongeurs, mais certainement pas une stratégie de dératisation à eux seuls.
Sans parler de l’aspect réglementaire, ce genre de pratiques crée souvent des rats méfiants, beaucoup plus difficiles à gérer ensuite lors d’une intervention professionnelle.
Cas pratique 1 : dératisation dans un immeuble ancien du centre de Toulon
Immeuble de 4 étages, proche du port, caves voutées, colonnes d’évacuation anciennes. Plainte des occupants : bruits dans les murs, crottes dans les escaliers, sacs poubelles grignotés.
Ce que j’ai constaté :
- Présence de surmulots dans les caves et locaux poubelles.
- Plaintes concentrées au 1er et 2e étage, ce qui indiquait des déplacements verticaux par les gaines / colonnes.
- Local poubelles très sale, sacs posés à même le sol, containers trop peu nombreux.
Plan d’action mis en place :
- Installation de postes d’appâtage sécurisés en caves, local poubelles, et dans certains points techniques (accès gaines).
- Combinaison pièges mécaniques + appâts anticoagulants en blocs, avec suivi sur 3 passages à 15 jours d’intervalle.
- Demande formelle au syndic : ajout de containers, nettoyage régulier, rappel aux occupants sur les horaires de sortie des ordures.
- Recommandations de colmatage sur plusieurs points d’accès autour du local poubelles.
Résultat : au bout d’un mois et demi, plus de consommation significative dans les postes, plus de signalement de bruits dans les murs. Sans la partie « poubelles / nettoyage », le problème serait revenu en quelques semaines.
Cas pratique 2 : rats dans le jardin d’une maison de Toulon Ouest
Maison avec jardin en restanques, composteur, poulailler, nourriture de chat laissée en libre-service sur la terrasse. Les propriétaires voyaient des rats en journée près du compost et entendaient des bruits sous la terrasse.
Constats :
- Multiples terriers de surmulots autour du composteur.
- Accès possible sous la maison via un vide sanitaire non grillagé.
- Graines et restes de nourriture facilement disponibles.
Action :
- Pose de postes avec appâts autour des zones de passage, en protection pour éviter tout contact avec les poules et les animaux domestiques.
- Réorganisation du compost : ajout de couvercle, réduction des apports de déchets très attractifs, conseils de gestion.
- Installation de grillage sur les ouvertures menant au vide sanitaire.
En moins de trois semaines, plus aucun rat observé en journée, forte baisse des activités de nuit constatée sur les caméras installées par le client. Là encore, la modification de l’environnement a été aussi importante que le traitement lui-même.
Obligations et bonnes pratiques pour les pros à Toulon
Si vous êtes restaurateur, gérant de commerce alimentaire, hôtelier ou bailleur, à Toulon vous devez pouvoir présenter, en cas de contrôle :
- Un plan de dératisation clair (souvent fourni par votre prestataire).
- Les fiches d’intervention à jour, avec la liste des produits utilisés.
- Un plan des locaux avec la position des postes.
- Les attestations / certificats de votre prestataire (Certibiocide, assurances).
Ne pas attendre d’être infesté pour mettre tout cela en place. À Toulon, comme dans les autres villes portuaires, les services d’hygiène sont particulièrement vigilants dans les zones touristiques, marchés, et autour des établissements recevant du public.
Ce que vous pouvez faire vous-même avant d’appeler un dératiseur
Avant même une intervention professionnelle, vous pouvez déjà :
- Vérifier et sécuriser les poubelles (couvercles, pas de sacs ouverts, lavage régulier).
- Éliminer les sources de nourriture faciles : restes de nourriture dehors, graines renversées, croquettes accessibles en permanence.
- Repérer les trous, fissures, jours sous les portes et noter leur emplacement (photos, plan simple à main levée).
- Éviter de poser des produits n’importe comment « en attendant le pro » : mieux vaut parfois ne rien mettre que d’habituer les rats à des appâts mal placés.
Lors de l’intervention, un technicien sérieux prendra le temps de :
- vous montrer les signes de présence que vous n’avez peut-être pas identifiés,
- vous expliquer ce qu’il met en place et pourquoi,
- vous détailler les consignes de sécurité pour les enfants, animaux domestiques, jardin, etc.
Comment choisir un professionnel de la dératisation à Toulon
Quelques critères simples pour ne pas vous tromper :
- Certifications : Certibiocide à jour, entreprise déclarée, assurance responsabilité civile pro.
- Transparence : le technicien doit pouvoir vous dire quels produits il utilise, à quelles doses, et où ils seront placés.
- Approche globale : si on vous propose uniquement « on met du poison et basta », sans parler de sanitation, de colmatage ni de suivi, c’est mauvais signe.
- Compte-rendu écrit : plan des postes, fiche d’intervention, préconisations. Utile en cas de contrôle ou pour suivre l’évolution de la situation.
- Suivi : selon le niveau d’infestation, prévoir un passage de contrôle plutôt qu’une seule intervention “coup de poing”.
Une dératisation bien menée à Toulon, c’est toujours un mélange de technique, de réglementation respectée, et de bon sens sur le terrain. La technologie aide, mais ce sont l’observation et la rigueur qui font la différence sur la durée.
