Reconnaître une vraie infestation de cafards à Marseille
Avant de parler produits et méthodes, il faut être sûr qu’on a bien affaire à une infestation de cafards, et pas juste à un insecte isolé qui passait par là.
Sur le terrain, à Marseille, ce que je vois le plus souvent, c’est le même scénario :
- un premier cafard aperçu dans la cuisine « par hasard »
- quelques jours plus tard, un autre dans la salle de bain
- puis d’un coup, on en voit plusieurs en ouvrant un placard la nuit
Les signes qui ne trompent pas :
- Insectes vus la nuit : vous allumez la lumière dans la cuisine, ça file sous les meubles ou derrière le frigo.
- Petites crottes noires : comme de la poudre ou du marc de café, dans les angles des placards, autour des tuyaux, sous l’évier.
- Oothèques (poches d’œufs) : petits étuis brunâtres, allongés, souvent coincés dans une fissure ou derrière un meuble.
- Odeur : dans les infestations avancées, une odeur un peu rance, « humide », difficile à décrire mais très caractéristique.
Un exemple concret : dans un appartement ancien près de Noailles, appel d’une locataire qui « voit un ou deux cafards par semaine ». Une fois sur place, démontage des plinthes sous la cuisine : des dizaines d’oothèques, des traces de déjections partout, et des blattes cachées derrière chaque tuyau. En surface, on voyait peu de choses. En réalité, l’infestation était bien installée depuis plusieurs mois.
Retenez une chose : si vous voyez des cafards en journée, c’est en général que la population est déjà élevée. Ce sont des insectes nocturnes. En journée, ils sortent surtout quand ils n’ont plus assez de cachettes ou de nourriture disponible.
Les espèces de blattes les plus fréquentes à Marseille
On parle souvent de « cafards » au sens large, mais selon l’espèce, la stratégie de traitement n’est pas tout à fait la même. À Marseille, j’en rencontre principalement trois types.
- Blatte germanique (la plus fréquente en appartements et restaurants)
- taille petite, 1 à 1,5 cm
- brun clair, avec deux bandes foncées derrière la tête
- se cache surtout dans la cuisine et la salle de bain
- aime la chaleur, l’humidité et les endroits gras
- Blatte orientale
- plus grosse, 2 à 3 cm
- brun foncé, presque noire
- souvent dans les caves, vide-ordures, gaines techniques, sous-sols humides
- Blatte américaine
- grande, jusqu’à 4 cm
- brun roux, parfois avec des ailes bien visibles
- présente dans les réseaux d’égouts, locaux techniques, parkings souterrains
Pourquoi c’est important de savoir laquelle vous avez chez vous ? Parce que :
- les blattes germaniques prolifèrent extrêmement vite dans les cuisines (restauration, snacks, appartements en location saisonnière)
- les blattes orientales et américaines peuvent remonter par les évacuations, les fissures et les gaines d’immeubles entiers
Dans un immeuble vers la Joliette, par exemple, les habitants croyaient avoir chacun un problème « perso » de cafards dans leur appartement. En réalité, l’origine venait du local poubelle en sous-sol, infesté de blattes orientales. Tant qu’on n’a pas traité ce foyer principal, les cafards continuaient à remonter d’un étage à l’autre.
Pourquoi les traitements maison marchent rarement sur les cafards
Je le vois à chaque intervention : dans 80 % des cas, les gens ont déjà essayé quelque chose avant d’appeler un pro. Les mêmes produits reviennent :
- bombes insecticides en grande surface
- pièges collants seuls
- huiles essentielles, vinaigre, bicarbonate, etc.
- recettes « miracles » trouvées sur internet
Le problème n’est pas forcément le produit en lui-même, mais l’usage et surtout l’effet de dispersion.
Avec les bombes aérosols, par exemple :
- vous tuez quelques individus visibles
- vous intoxiquez légèrement les autres
- vous les forcez à se cacher plus profondément (fissures, gaines, appartements voisins)
Résultat : pendant quelques jours, vous avez l’impression que ça s’est calmé, puis les cafards réapparaissent… parfois même dans d’autres pièces ou chez le voisin.
Autres limites des traitements maison :
- Dosage aléatoire : trop peu de produit = inefficace, trop = dangereux pour vous, vos enfants ou vos animaux.
- Aucun suivi : on traite une fois, on oublie, alors que les œufs continuent d’éclore.
- Pas de stratégie globale : on traite la cuisine, mais pas les gaines techniques, ni les parties communes infestées.
Dans un restaurant proche du Vieux-Port, j’ai été appelé après plusieurs semaines de « bricolage » maison : bombes, gels achetés en ligne, pièges, etc. À l’arrivée, les blattes germaniques étaient partout : derrière les frigos, sous les plans de travail, à l’intérieur même des machines à laver la vaisselle. Il a fallu un vrai plan d’attaque, sur plusieurs passages, en coordination avec le propriétaire de l’immeuble, pour revenir à une situation saine et tenir dans la durée.
Ce que fait réellement un professionnel lors d’une désinfection cafard à Marseille
Une désinfection sérieuse contre les cafards, ce n’est pas juste « mettre du produit ». C’est une méthode, en plusieurs étapes, avec un objectif : éliminer la colonie, pas seulement réduire la gêne pendant quelques jours.
Étape 1 : diagnostic précis des lieux
Quand j’arrive sur une infestation de blattes, je commence toujours par un tour complet des lieux :
- cuisine : plinthes, derrière et sous les appareils, dessous d’évier, meubles hauts et bas
- salle de bain et WC : arrivées et évacuations d’eau, tour de baignoire ou douche, lavabo
- entrées de gaines, fissures, passages de tuyaux, coffrages, faux plafonds
- dans les immeubles : local poubelle, caves, parties communes si nécessaire
Ce diagnostic permet de :
- identifier l’espèce exacte de cafards
- évaluer le niveau d’infestation (faible, moyen, fort)
- repérer les zones sensibles (présence d’enfants, animaux, personnes asthmatiques)
- déterminer si le problème est isolé ou lié à d’autres logements / locaux
C’est aussi à ce moment-là que je pose les questions pratiques :
- depuis quand vous en voyez ?
- à quel moment de la journée ?
- où en voyez-vous le plus souvent ?
- des travaux récents ? un nouveau voisin ? un changement dans les poubelles ?
Ces éléments orientent le choix des produits et de la stratégie.
Étape 2 : préparation des lieux avec le client
Un traitement bien préparé est déjà à moitié réussi. Avant d’intervenir, je demande systématiquement au client de :
- vider et nettoyer le plan de travail
- dégager autant que possible l’accès aux plinthes et angles
- sortir les poubelles, laver rapidement les surfaces très grasses
- ranger la nourriture dans des contenants fermés ou au réfrigérateur
La préparation varie selon qu’on est :
- dans un appartement occupé à l’année
- dans une location saisonnière (où il faut aller vite entre deux locations)
- dans un restaurant ou un commerce alimentaire (avec des contraintes d’hygiène et d’horaires)
Dans un Airbnb près du Vieux-Port, par exemple, j’ai dû organiser l’intervention entre deux arrivées de locataires, avec des consignes très claires au propriétaire pour le ménage, l’aération et le suivi, afin que le logement reste opérationnel sans risque pour les touristes.
Étape 3 : mise en place du traitement professionnel
Les produits que j’utilise sont des biocides professionnels, réservés aux applicateurs certifiés. Ils ne sont pas disponibles en grande surface. Leur particularité :
- formulation adaptée aux blattes (efficacité ciblée)
- doses précises selon la surface et le niveau d’infestation
- modes d’action différents pour éviter les résistances
- homologation et respect de la réglementation en vigueur
Concrètement, le traitement peut combiner plusieurs techniques :
- Gels appâts
- appliqués en micro-points dans les zones de passage
- attirent les cafards qui vont ensuite contaminer les autres par contact et déjections
- peu odorants, compatibles avec une occupation rapide des lieux
- Poudres insecticides (poudrage)
- injectées dans les fissures, gaines, recoins inaccessibles
- agissent sur le long terme
- Nébulisation / pulvérisation ciblée
- utilisée dans certains cas d’infestation forte
- demande souvent de quitter les lieux quelques heures
Je choisis l’une ou l’autre combinaison selon :
- la configuration des lieux
- la présence d’enfants ou d’animaux
- le métier du client (restauration, particulier, bailleur, syndic…)
- l’urgence de remise en service du local
Point important : on ne pulvérise pas n’importe quoi, n’importe où. Certains produits sont très efficaces en intérieur mais interdits en extérieur, et inversement. D’autres ne doivent pas être appliqués à proximité d’aliments ou de surfaces de préparation. C’est là que la formation et l’expérience font la différence.
Étape 4 : le suivi, indispensable pour venir à bout des œufs
Les cafards posent un gros problème : leurs œufs sont protégés dans une oothèque. Un seul passage ne suffit généralement pas, surtout dans les infestations moyennes à fortes.
Dans la plupart des cas, je prévois :
- un premier passage pour casser la dynamique de la colonie
- un second passage 2 à 4 semaines plus tard pour traiter les nouvelles éclosions
- un contrôle visuel systématique des zones à risque
Entre les deux, je demande au client d’observer et de me signaler :
- s’il continue à voir des cafards, et dans quelles pièces
- s’il découvre des oothèques ou des cadavres d’insectes
- tout changement particulier (travaux, nouveau voisin, dégât des eaux…)
Sur un chantier de grande résidence vers Saint-Loup, par exemple, avec des blattes dans plusieurs colonnes d’immeuble, nous avons dû faire :
- un passage dans toutes les colonnes touchées
- un traitement des parties communes et des locaux poubelles
- un second passage coordonné avec le syndic
Sans ce suivi global, certains appartements seraient restés des « réservoirs » d’infestation pour les voisins.
Ce que vous pouvez faire, vous, pour aider le traitement
Un traitement professionnel, c’est une grosse partie du travail, mais pas 100 %. Pour que ça tienne dans le temps, il y a des gestes simples et concrets à mettre en place chez vous.
Sur l’hygiène et la nourriture :
- ne laissez pas de vaisselle sale dans l’évier la nuit
- nettoyez régulièrement les résidus sous le four, les plaques, le frigo
- mettez les denrées sèches (pâtes, riz, céréales) dans des boîtes fermées
- fermez correctement les sacs poubelles, sortez-les souvent, surtout l’été
Sur l’environnement et les cachettes :
- limitez les cartons au sol (les blattes adorent s’y cacher)
- réparez les fuites d’eau et les zones en permanence humides
- colmatez les grosses fissures accessibles (plinthes, alentours des tuyaux)
- évitez de stocker longtemps des sacs de courses au sol, surtout dans la cuisine
Sur la vigilance :
- surveillez les zones autour des arrivées d’eau (évier, lavabo, machine à laver)
- faites attention aux objets récupérés dans la rue ou en brocante (meubles, cartons, électroménager)
- en location saisonnière, contrôlez systématiquement cuisine et salle de bain entre deux locations
L’objectif est simple : rendre votre logement moins intéressant pour les cafards. Moins de nourriture gratuite, moins de refuges, moins d’humidité.
Les erreurs que je vois le plus souvent à Marseille
Pour finir, quelques erreurs très fréquentes que je retrouve sur le terrain, et qui font durer les infestations inutilement.
- Multiplier les produits différents en même temps
- gel + bombe + répulsif + pièges…
- certains produits se neutralisent ou perturbent le comportement des blattes
- Nettoyer le gel insecticide
- par peur du « chimique », certains clients effacent les points de gel
- résultat : le traitement perd toute efficacité
- Mettre du produit sur la nourriture ou la vaisselle
- extrêmement dangereux et strictement interdit
- on ne traite jamais les surfaces en contact direct avec les aliments
- Attendre des mois avant de réagir
- « j’en vois quelques-uns, mais ça va encore »
- le temps que vous appeliez, la colonie a déjà pris de l’ampleur
- Ne pas prévenir le syndic ou le propriétaire dans un immeuble
- si l’origine est dans les parties communes, votre appartement sera vite réinfesté
Un mot sur les « répulsifs miracles » : les cafards ne se laissent pas impressionner par quelques gouttes d’huile essentielle. Au mieux, ça les déplace un peu. Au pire, ça ne change absolument rien, mais ça vous donne un faux sentiment de sécurité alors que l’infestation continue de se développer derrière les meubles ou dans les gaines.
Quand appeler un professionnel de la désinfection cafard à Marseille ?
Pour résumer, faites-vous aider dès que :
- vous voyez des cafards tous les jours ou presque
- vous en voyez en journée, pas seulement la nuit
- vous avez des locaux professionnels (restauration, alimentation, santé, hébergement)
- les traitements maison n’ont eu qu’un effet temporaire
- vous soupçonnez une origine dans l’immeuble (caves, gaines, local poubelle)
Un diagnostic sérieux et un plan de traitement adapté évitent :
- de gaspiller de l’argent dans des produits inefficaces
- de prendre des risques pour votre santé avec de mauvais dosages
- de voir les cafards revenir sans arrêt parce que la source n’a pas été traitée
À Marseille, avec nos immeubles anciens, nos réseaux d’égout, la chaleur et l’humidité de l’été, les cafards trouvent des conditions idéales. La bonne nouvelle, c’est qu’avec une méthode rigoureuse, des produits adaptés et un minimum de discipline dans l’hygiène, on arrive à reprendre le contrôle, même sur des infestations bien installées.